Marina, héroïne et kamikaze de la vérité

          Dans un acte de kamikaze, Marina Ovsyannikova a fait irruption dans le journal du soir “Vremya” de la Première chaîne de télévision russe (Первый канал) présenté par la célèbre et inamovible Ekaterina Andreeva, connue pour sa proximité avec le Kremlin, afin de dénoncer la guerre en Ukraine.

Le mot “guerre” a ainsi été prononcé pour la première fois à la télévision russe par une employée de la chaîne qui, étant de père ukrainien et de mère russe, a rappelé aussi le nombre de familles mixtes russo-ukrainiennes, tant dans le pays agresseur que dans celui qui est victime de l’invasion.

Marina ne s’est pas contentée de brandir une affiche sur laquelle était écrit “Non à la guerre, arrêtez la guerre, ne croyez pas la propagande, ici l’on vous ment”. Elle avait fait précéder son acte d’une vidéo dans laquelle elle déclarait, le regard grave et impressionné, trahissant la conscience du risque encouru: “Ce qui se déroule en Ukraine est un crime et la Russie est l’agresseur. La responsabilité de l’agression est celle d’un homme: Vladimir Poutine. Malheureusement, j’ai travaillé au cours des dernières années à la Première chaîne. J’ai participé à la propagande du Kremlin et j’en ai terriblement honte – que l’écran de télévision permette de diffuser des mensonge et fasse des Russes des zombies. Maintenant le monde entier s’est détourné de nous et dix générations de nos descendants ne seront pas assez pour effacer cette guerre fratricide».

Pour cet acte inimaginable, sorte de 11 septembre à rebours pour la vérité et le bien, Marina risque jusqu’à quinze ans de prison en vertu de la nouvelle loi pénalisant le “discrédit porté aux forces armées” et la diffusion de “fausses informations”. Mère de deux enfants, elle est une héroïne, notre héroïne.

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