L’Allemagne, éternel bouc émissaire?/ Deutschland, ewiger Sündenbock?

Christo, Le Reichstag Empaqueté, Berlin

          La crise ukrainienne étant dans une impasse apparente, alors que les demandes russes relatives au renoncement de l’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine et au retrait de certains équipements militaires de la zone du Traité de l’Alliance atlantique ne peuvent être satisfaites, la pression sur l’Allemagne augmente. Le procès d’une trop grande retenue, d’une compréhension excessive des préoccupations de Moscou et d’un souci de défendre ses intérêts économiques, notamment gaziers, en les dissociant des considérations géostratégiques, est d’ores et déjà instruit contre Berlin. 

Mais la campagne qui commence à prendre forme, en particulier dans le monde anglo-saxon,  n’est-elle pas l’expression de l’incapacité de l’Ouest, depuis de nombreuses années, à bâtir une relation stable et apaisée avec la Russie? N’est-elle pas une diversion alors que Washington tout en s’efforçant de mobiliser ses Alliés sur le continent européen et en annonçant quelques déploiements limités de troupes dans la région considérée, a paru même admettre la perspective d’une opération russe limitée et s’est borné à envisager de possibles sévères sanctions?

Dans ce contexte, comment l’Allemagne pourrait-elle avoir la clé de la crise? Comment pourrait-elle abandonner du jour au lendemain sa doctrine selon laquelle elle ne livre pas d’armements aux pays en conflit? De quelle manière la nouvelle coalition au pouvoir serait-elle plus faible que le gouvernement de Mme Merkel dont la politique continue a mis le pays dans un état de grande dépendance énergétique à l’égard de la Russie? Comment peut-on culpabiliser l’Allemagne alors qu’elle souffre précisément, en particulier dans cette partie du monde d’un complexe de culpabilité qui est tout à son honneur? (…)

 

 

⬛️🟥 DEUTSCHLAND, EWIGER SÜNDENBOCK ? 🟨

          Da sich die Krise in der Ukraine in einer offensichtlichen Sackgasse befindet und die russischen Forderungen nach einem Verzicht auf die Erweiterung der NATO zu der Ukraine und dem Rückzug bestimmter Militärausrüstungen aus dem Vertragsgebiet des Atlantischen Bündnisses nicht erfüllt werden können, nimmt der Druck auf Deutschland zu. Der Prozess der zu großen Zurückhaltung, des übermäßigen Verständnisses der Sorgen Moskaus und des Strebens nach Verteidigung seiner wirtschaftlichen Interessen, insbesondere der Gasinteressen, durch Abkoppelung von geostrategischen Erwägungen, wird bereits gegen Berlin geführt. 

Aber ist die Kampagne, die gerade in der angelsächsischen Welt Gestalt annimmt, nicht Ausdruck der Unfähigkeit des Westens, seit vielen Jahren eine stabile und besänftige Beziehung zu Russland aufzubauen? Ist sie keine Ablenkung, wenn Washington versucht, seine Verbündeten auf dem europäischen Kontinent zu mobilisieren und einige begrenzte Truppeneinsätze in der Region ankündigt, überhaupt die Aussicht auf eine begrenzte russische Operation zugegeben und sich darauf beschränkt, mögliche harte Sanktionen zu erwägen?

Wie könnte Deutschland in diesem Zusammenhang den Schlüssel zur Krise haben? Wie könnte es von heute auf morgen ihre Doktrin aufgeben, dass sie keine Waffen an Konfliktländer liefert? In welcher Weise wäre die neue Regierungskoalition schwächer als die Regierung von Frau Merkel, deren fortgesetzte Politik das Land in einen Zustand hoher Energieabhängigkeit von Russland gebracht hat? Wie kann man Deutschland Schuld geben, wenn es gerade in diesem Teil der Welt unter einem Schuldkomplex leidet, der ihm nur zu Ehren gereicht? (…)

  

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