Good Bye Lenin!

Good Bye Lenin!, Wolfgang Becker, 2003

          Il est, espérons-le, encore temps de se ressaisir au bord du gouffre et cela vaut pour toutes les parties. Après avoir beaucoup tenté par la voie diplomatique – à cet égard, les efforts du Président de la République au nom de la France et de l’Europe étaient totalement justifiés et les circonstances ne se prêtent pas à la polémique politicienne -, le moment des armes est arrivée.

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Il est dans un premier temps absolument indispensable d’être ferme sur les principes et il n’y a pas d’autre alternative que la plus énergique condamnation et l’adoption de sanctions dures. C’est ce à quoi l’on assiste, de manière coordonnée, du côté occidental et européen.

Au-delà des conséquences de part et d’autre d’un vaste dispositif de mesures économiques, financières et visant des personnalités, il faudra bien constater que l’ensemble du problème ne se limite pas à l’Ukraine et n’aura pas été résolu. Un affrontement de blocs serait un retour à une situation ante de la guerre froide et probablement pire que cela puisque la stabilité du face à face ne serait pas garanti dans la durée comme au « bon vieux temps » du condominium américano-soviétique.

L’heure de la diplomatie est-elle totalement dépassée? Le ministre français des Affaires étrangères et son homologue russe devraient se rencontrer en fin de semaine. Dans son intervention pour annoncer un plan de sanctions, le Président Biden n’a pas écarté in fine la possibilité de la poursuite du dialogue. Le gazoduc Nord Stream 2 a été « suspendu » par le Chancelier allemand et n’a pas été abandonné sine die. Le Président russe, après la fameuse et désastreuse séance du Conseil de sécurité, le 21 février, a fait une nouvelle apparition médiatique au cours de laquelle il a tracé les lignes d’un vaste marchandage.

A la différence du film Good Bye Lenin!, Vladimir Poutine ne s’est pas réveillé alors que l’Union soviétique – et non la RDA – avait disparu, mais il n’a cessé de rêver éveillé que « la plus grande catastrophe du XXème siècle » n’était qu’un cauchemar. Comme le narrateur du film, il aurait pu dire: « das Land, dass meine Mutter verliesst, war ein Land in das Sie geglaubt hat…ein Land das mit meiner Mutter immer verbunden wird » (le pays que quitte ma mère est un pays dans lequel elle a toujours cru…un pays qui restera toujours lié à ma mère).

Nous, au contraire, nous ouvrons les yeux sur le spectacle grandiose et en même temps effrayant de l’irruption d’une menace bien réelle de type soviétique que nous croyions disparue à jamais. L’effroi et le rêve peuvent-ils à un moment se rejoindre?

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J’ai connu à Berlin-Est au début des années 80, c’est-à-dire plus de dix ans avant la chute du mur, les feux d’artifice du Nouvel An. C’était un moment rare où les deux parties de la ville semblaient se réunifier dans le bruit assourdissant des pétards et fusées de la Fête. Aujourd’hui le fracas des armes est bien réel qui pourrait embraser une partie de l’Europe. Ce langage de la destruction et de la mort, qui est aussi une forme de communication, peut-il face au danger collectif précéder celui d’un nouveau dialogue? Car il faudra bien bâtir une sécurité européenne, en lieu et place d’une paralysie stérile et destructrice, dans le vaste monde qui nous attend tous.

Good Bye Lenin!, Wolfgang Becker, 2003

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