Les Diplomates

Charles-Maurice de Talleyrand, portrait anonyme, d’après Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823)

Il était naturel que les diplomates ou du moins certains des plus remarquables d’entre eux fassent leur entrée sur « Perspectives Europe-Monde ». Le diaphragme d’un objectif optique, tel, celui figurant sur le Logo de ce site, est leur instrument d’observation favori, le focus consiste à opérer un réglage de la mise au point et les diplomates doivent souvent se livrer à l’ensemble de ces opérations. Il est souhaitable qu’ils disposent au moins d’un bon objectif de 50 mm qui correspond à la vision naturelle, il leur arrive parfois de changer de focale pour se rapprocher ou au contraire prendre leurs distances. Mais il est surtout indispensable qu’ils soient dotés d’un grand angle, c’est-à-dire du plus grand champ de vision possible, pour avoir une vue d’ensemble des phénomènes et tracer des perspectives. La Perspective, encore et toujours… 

La liste des diplomates susceptibles d’être retenus sur ce site est par définition arbitraire. A tout seigneur tout honneur, elle ne pouvait pas ne pas accorder le premier rang à Talleyrand, le plus célèbre d’entre eux, qui évolua dans une période elle-même exceptionnelle, celle de l’Ancien régime, des révolutions à partir de 1789 jusqu’à celle de 1830 et de l’empire napoléonien.

L’ordre sera ensuite plus chronologique et il résultera également d’une répartition géographique. La sélection fera la part belle aux Etats influents ou aux grandes institutions mondiales, telles l’ONU ou le Vatican, car le poids de ceux-ci est un facteur déterminant de la mise en évidence des acteurs de la diplomatie. Il ne s’agit pas dès lors d’évoquer uniquement le talent pur, pourtant remarquable, mais aussi l’influence sur le cours des événements, apanage de ceux qui ont accès au « directoire » des puissances. Les Diplomates, enfin, n’évoluent pas uniquement dans le strict périmètre traditionnel de ce que l’on appelle encore les Affaires étrangères. Cette catégorie, si on la considère aujourd’hui, fait référence à des compétences et dispositions professionnelles spécifiques – ainsi et surtout qu’à une capacité de rupture créatrice – qui peuvent trouver à s’épanouir dans tous les milieux. Je citerai pour exemple de cette affirmation l’UE, le FMI ou la BCE qui ont actuellement à leur tête trois femmes tout à fait remarquables. Mais l’on pourrait aussi parler d’immenses champions, tels Pelé, Maradona, Yachine, Zidane ou Federer qui ont su largement dépasser le cadre du sport où ils ont excellé, ou encore du créateur de mode Pierre Cardin ou de Christophe de Margerie qui dirigea l’entreprise Total. La grande diplomatie, c’est finalement une capacité d’innovation, la recherche d’un rayonnement au service de son pays, de son institution, de sa cause ou de sa passion, et l’aspiration à la communication la plus large pour atteindre aux dimensions du monde.

On peut se sentir modeste à l’idée de s’appuyer sur des ouvrages et biographies, des témoignages ou encore une observation directe pour brosser, après tant d’autres, le portrait du Prince de Bénévent. Pour ce dernier, je me retrancherai derrière les remarquables ouvrages de Jean Tulard et de Charles Zorgbibe qui fut mon maître et le demeure. Mais il faudra bien aussi oser parler d’Evgeny Primakov et de Sergeï Lavrov, de Willy Brandt, de Kofi Annan, de Javier Perez de Cuellar et de Lakhdar Brahimi, d’Hubert Védrine et de Roland Dumas, de John Kerry ou encore de William Burns et, suprême audace qu’accomplit Jean-Bernard Raimond – ancien ministre et diplomate lui-même -, de l’immense politique que fut le Pape Jean-Paul II. La liste, qui n’est pas limitative, donne tout simplement le vertige…

Madame de Talleyrand-Périgord, peinte en 1763 par Mme Vigée-Lebrun

Afin de vous faire profiter de la meilleure expérience utilisateur, notre site Internet utilise des cookies. Cliquez sur "J'accepte" pour poursuivre votre navigation.