Apocalypse à Marioupol, d’un siège à l’autre

Léningrad 1 © PP

          Le siège de Marioupol ainsi que celui de tant d’autres agglomérations ukrainiennes nous offre des scènes apocalyptiques, insoutenables. L’hôpital et la maternité de la ville du Sud de l’Ukraine viennent ainsi d’être atteintes. Cet aspect d’une guerre d’agression totale devrait rappeler à ceux qui en sont les ordonnateurs le siège de Léningrad, qui dura plus de deux ans pendant le second conflit mondial et fit un nombre effroyable de victimes civiles et militaires.

Dans ces centaines de milliers d’histoires tragiques, qui émaillèrent l’encerclement de la ville de Pierre le Grand et des Soviets, l’on peut accorder aujourd’hui une attention particulière à celle des parents de Vladimir Poutine telle que rapportée par Hillary Clinton dans son ouvrage Hard Choices paru en 2014.  

On peut noter qu’Hillary Clinton ne consacre qu’une vingtaine de pages à la Russie (cf. Reset and Regression) dans son livre de 600 pages faisant le bilan de son action à la tête du Département d’Etat. Cet intérêt relatif est aujourd’hui brutalement corrigé par l’irruption d’événements qui focalisent sous nos yeux l’attention du monde.

Si l’on en croit le témoignage direct recueilli par la Secrétaire d’Etat, la mère de Vladimir Poutine fut une miraculée du siège de Léningrad, sauvée in extremis par son mari revenu du chez lui du front à l’occasion d’une permission alors qu’elle allait être jetée dans une fosse commune.

Léningrad 2 © PP

En 2001, le Président George Bush Jr avait estimé, dans une rare et étonnante confession, avoir été capable de lire dans l’âme de son homologue russe (“I was able to get a sense of his soul“). Il ne s’agit pas ici de faire, de manière superficielle, une analyse psychologique réservée à des spécialistes, mais cette histoire particulière du siège de Léningrad mérite d’être connue à l’heure de celui de Kiev et d’autres villes ukrainiennes. Comme toujours, l’on peut se demander si l’on ne reproduit pas ce que l’on a subi ou qui fait tout simplement partie de son récit personnel. 

La Gloire de mon Père, Le Château de ma Mère, écrivit le grand Marcel Pagnol. Le diptyque du Sud pourrait devenir une Trilogie du Nord, de la même veine mais probablement pas avec le même talent, et Vladimir Poutine aurait pu – et même dû – écrire Le Siège de mes Parents

Quoi qu’il en soit, non M. Poutine, l’histoire du monde ne se résume pas à un encerclement, cessez d’entretenir ce complexe obsidional et sortez du confinement mental d’un pouvoir solitaire. Les horreurs subies, dans lesquelles vous semblez macérer, ne justifient pas qu’on les fasse subir aux autres, a fortiori innocents. Faire le siège des villes, dont tant de civils sont les victimes, à commencer par les plus vulnérables , n’est pas une thérapie ni surtout de la littérature. Cela relève du crime de guerre, à Marioupol et en tous lieux.

Léningrad 3 © PP

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